Aprés avoir passé deux semaine en observateur au Centre d’acceuil thérapeuthique à temps partiel « les arcades », j’ai produit un livre qui relate mon expérience. Une expérience pleine de richesses, et de prises de consciences. J’ai découvert un milieu que d’habitude on cache, on ne veut pas voir

« Les arcades » sont un lieu comme peu d’autres, où on laisse la parole à ceux à qui on a dit que le bonheur n’était pas pour eux, que c’était pour les autres. C’est un lieu qui oblige à s’ouvrir car on y voit tellement de différence cohabiter. C’est un lieu où au coeur de chacun gronde une envie de montrer au monde que le bonheur est possible

« Eux », ont franchi la limite, ils sont passés de « l’autre coté ».. Ils sont stigmatisé, car déviants. « stigma »  signifie les marques des supplices du christ. Dans la bible on explique que le christ subit toutes ses souffrances pour délivrer l’humanité tout entière du péché. Est-ce que les malades mentaux ne subisse pas toutes ses souffrances pour expier ce qu’il y a de malsain dans notre manière de vivre ?

La norme est comme une force centrifuge, elle rejette tout ce qu’elle n’accepte pas aux marges. On peut le constater au niveau démographique. Dans les villes, les gens qui ont réussi habite dans leurs propres quartiers, et on rejette la pauvreté, les fainéants et les ratés dans les quartiers annexes, on crée des ghettos pour ensuite en dresser un portrait violent et effrayant. On ne veut plus les voir, ne plus les entendre, il n’y a pas de solution, rien ne changera . Plus la ville est grande, plus la frontière est violente, plus le fossé est profond. Au delà des villes

Pendant le trajet Nancy-Lunéville, en train, on passe devant de nombreuses usines, formes étranges et gigantesque rejetant des panaches de fumée dans un hiver déjà assez gris. On penses à la révolution industriel, aux générations entière obligées de faire un travail qui ne plaît pas pour survivre. On pense à la dégringolade dans les années 90, les usines qui ferme et le chômage. Cette région elle n’as pas le soleil, pas la montagne, pas la mer, pas la tour Eiffel. Elle n’as pas grand chose pour elle, alors, on l’oublie, comme toutes les campagnes. Mais j’aime ces endroits où une semaine de pluie crée des marécages et fait déborder les rivières, noyant le tronc des arbres malmenés par le vent dans une eau brunâtre et agitée. J’aime ces fermes solitaires, seules reliefs de ces grandes étendus brunes. J’aime cette petite gare de Lunéville et son ter vieillot avec son marche pied trop haut, d’où l’on doit sauter pour atteindre le quai. Rien de grandiose, de grandiloquent, on ne cherche pas l’effet, c’est seulement réel. Loin de la propension humaine à toujours chercher à donner au monde une raison de ne pas l’oublier, les campagnes désolé cherche à vivre et c’est tout.

Les gens que j’ai rencontré, eux aussi, cherchent à vivre, c’est tout. Ils veulent du bonheur, et c’est bien assez.

Dans cet course mortifère à la supériorité que nous impose la société, on a l’impression de n’être rien si l’on est pas le plus intelligent, le plus beau, le plus fort. On se crée des vies de fantasme pour échapper au réel, et on oublie les autres, ceux qu’on laisse sur le côté. On court vers un idéal vendu par l’école et la publicité, et on se casse les dents car l’escalier est trop raide. Ceux qui ont réussi à grimper malgré tout vous disent que vous n’y arrivez pas car vous n’avez pas tout fait pour y arriver, que vous êtes un paresseux, un dégonflé. Le bonheur est dans leur jardin, mais pourquoi alors ont-il besoin d’installer d’énorme enseigne lumineuse qui scande que c’est ici que l’ont est heureux, et ensuite d’en fermer l’accès avec des murs de briques, des barbelés et des miradors ? Si je détenais comme eux la clef du bonheur, je la garderais, n’en parlerais personne. On se demande alors si le bonheur de cette minorité n’est pas fondé sur le malheur que la majorité doit subir en essayant de l’atteindre ?